Interviews


Présentation de la revue Percurso

J’ai répondu à ce questionnaire de la Revue brésilienne Percurso en été 2010.
« La  revue Percurso  crée en 1988 est une publication du Département de Psychanalyse de l’Institut Sedes Sapientiae (à Sao Paulo). C’est une revue scientifique dédiée à l’avancement des connaissances en psychanalyse dans leur versant clinique, théorique, méthodologique et épistémologique aux fins de favoriser les débats entre les différents courants de la psychanalyse. »



Question 1 :  En relisant votre interview parue à la revue Percurso en 1996, on est étonné par rapport à l’actualité de vos réflexions, vos questions et propositions en ce qui concerne l’interlocution entre les analystes. Vingt ans après la fondation de la Fédération des Ateliers de Psychanalyse (FAP) quel est le bilan que vous faites de cette expérience ? Quels sont ses échos ou dédoublements ?

REPONSE :
En plus de vingt ans il y a eu deux générations de psychanalystes qui se sont formées, soit partiellement (en venant d’autres institutions) soit entièrement à l’intérieur de la FAP.

D’après ce que je peux constater, quelque chose de notre désir initial a été transmis : aujourd’hui, pas plus qu’hier, il n’y a de positions ni de pratiques dogmatiques, et peu à peu une véritable culture de l’hétérogène commence à exister. Des références multiples co-existent.
Après une longue période ,où l’on a pu constater un certain rejet du « lacanisme », imputable à une intoxication dont ont souffert les anciens de l’Ecole Freudienne, les plus jeunes , qui n’ont pas connu cela,  commencent à re-découvrir Lacan d’une façon plus fraîche et plus légère.

Dans l’ensemble le pari sur le primat de la clinique a été tenu. La plupart des membres sont d’après moi de bons cliniciens et de très bons thérapeutes. Il y a un prix à cela : seulement une minorité arrive à mener de front une implication clinique -souvent exceptionnelle-, avec la disponibilité nécessaire à la recherche et à la production théorique. Car souvent c’est une question de temps et pas seulement d’intérêt ou de disposition intellectuelle. Un bon clinicien consacre beaucoup de temps à ses patients, à les écouter, à réfléchir sur ce qu’il a entendu, et un bon théoricien doit aussi consacrer beaucoup de temps aux concepts, et aux travaux théoriques des autres analystes.

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